Le régime cubain peine déjà à couvrir la moitié de ses besoins en électricité. L'intervention américaine au Venezuela -premier fournisseur de pétrole de l'île, a porté un nouveau coup au secteur énergétique cubain.
Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 29 janvier 2026. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / SAMUEL CORUM )
"Une nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba". La Havane a dénoncé jeudi 29 janvier la signature par Donald Trump d'un décret indiquant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à l'île communiste.
"Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d'agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière , et que l'on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes", a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Il a dénoncé "une nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba" et "une longue liste de mensonges visant à présenter Cuba comme une menace qu'elle n'est pas".
Le président américain, décidé à exercer une pression maximale sur Cuba, a signé un décret indiquant que les États-Unis "pourraient" frapper de droits de douane d'un montant non précisé les pays vendant du pétrole à La Havane.
"Menace exceptionnelle" de Cuba
Le décret ne précise pas non plus les pays visés, laissant ces décisions à la discrétion du secrétaire au Commerce.
Selon le texte du décret, cette décision s'appuie sur la déclaration d'un "état d'urgence" en lien avec la "menace exceptionnelle" que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine. Washington reproche notamment aux autorités cubaines de "s'aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis" dont la Russie, la Chine, l'Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusée de "déstabiliser la région via l'immigration et la violence", tout en "propageant ses idées, programmes et pratiques communistes".
"La seule menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région, et la seule influence maligne, est celle que le gouvernement des États-Unis exerce contre les nations et les peuples de Notre Amérique", a rétorqué Bruno Rodriguez dénonçant le "chantage" et "la coercition" exercés par Washington.
Ce décret accentue la pression sur le régime cubain, qui peine à couvrir la moitié de ses besoins en électricité.
Un peu plus tôt en janvier, le président américain avait déjà menacé le gouvernement cubain. "IL N'Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D'ARGENT A DESTINATION DE CUBA - ZÉRO !", avait-il clamé sur son réseau social Truth Social.
Donald Trump avait tenu ces propos une semaine après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro. "Je suggère fortement qu'ils acceptent un accord, AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD", avait-il ajouté. Mais les États-Unis n'ont pas dévoilé la nature de l'accord en question.
Le Mexique dans le viseur ?
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, avait alors affirmé qu'il n'existait "aucune discussion" en cours entre son pays et les États-Unis.
Après la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, qui depuis les années 2000 a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié. Cuba, soumise à un embargo des États-Unis depuis 1962, connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d'électricité. Le Mexique est un pays qui livre encore de l'or noir à Cuba.
Entre janvier et septembre 2025, la compagnie pétrolière mexicaine Pemex a exporté vers l'île 17.200 barils de pétrole brut par jour et 2.000 barils de dérivés, pour un total de 400 millions de dollars, selon les données officielles.
La présidente Claudia Sheinbaum a affirmé mardi que "le Mexique continuera(it) d'être solidaire" de Cuba, démentant ainsi des articles de presse assurant que son gouvernement avait décidé de suspendre les envois de pétrole vers l'île communiste. "La décision du Mexique de vendre ou de donner, pour des raisons humanitaires, du pétrole à Cuba relève également d'une décision souveraine qui remonte à de nombreuses années", a rappelé la présidente de gauche.
Le décret de Donald Trump invoque la loi d'urgence économique(IEEPA). D'autres droits de douane invoqués en vertu de l'IEEPA sont actuellement contestés devant la Cour suprême.
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